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Charles Janssens

Depuis 1946, l’Athénée porte le nom de Charles JANSSENS (1898-1982), avocat au Barreau de Bruxelles, ardent défenseur de l’enseignement officiel et - parallèlement - de la langue et de la culture françaises.
M. Charles JANSSENS exerça son activité de mandataire politique à trois niveaux :

  • Echevin de l’Instruction publique et Bourgmestre d’Ixelles ;
  • Membre de la Chambre des représentants ;
  • Vice-Président du Parlement européen dont il présida la Commission de la Culture.

Allocution de Monsieur Henri BARTHELS à l’occasion du 100è anniversaire de l’Athénée (21 novembre 2001)

Nous fêtons aujourd’hui le 100e d’une institution qui porte le nom de Charles Janssens depuis 1946.

Nous fêtons donc une vénérable institution, une centenaire. Cela est vrai et des générations d’enseignants ont apporté à leurs élèves une formation fondamentale et extrêmement précieuse dans les structures de l’époque ; il faut leur rendre hommage car l’instruction publique avait un rôle social et pédagogique au moins aussi important qu’aujourd’hui.

Et pourtant nous célébrons aussi l’anniversaire d’une institution qui, dans sa structure et sa dimension actuelles, a à peine 30 années d’existence.

C’est en effet en fin 1971 que fut décidée au Conseil communal d’Ixelles la modification de structure de l’Institut technique de commerce et de langues modernes. C’était l’introduction du rénové et l’accès aux filles dès le 1er septembre 1972.

Ainsi pouvait se constituer peu à peu, année par année, un enseignement général qui s’ajoutait au technique existant dans le domaine tertiaire – secrétariat, comptabilité, et langues modernes - domaine tertiaire qui s’enrichissait aussi d’un enseignement professionnel en travaux de bureau. Et notre fierté aujourd’hui est de proposer encore à nos élèves ces trois composantes qui co-existent en harmonie à l’A.C.J. avec une répartition que nous schématiserons en 80 % d’enseignement général et 20 % d’enseignement technique et professionnel dans le domaine tertiaire.

En effet, depuis bien plus de 30 ans, et cela dans l’esprit de démocratisation de l’enseignement rénové, la philosophie de l’établissement a toujours été d’être ouvert à tous, à tous les milieux, à toutes les cultures, mais pas dans n’importe quelles conditions. Nous avons toujours voulu présenter un niveau d’exigence et une rigueur d’organisation qui conféraient sa crédibilité aux diplômes décernés, que ce soit dans l’enseignement général, technique ou professionnel.

Il faut aussi savoir que le développement et la bonne santé de l’enseignement général à l’A.C.J. ont aussi largement contribué à la structure et l’image actuelles de l’établissement auprès de l’opinion. Et quelle est cette image ? Correspond-elle à une réalité ?

Nous pensons savoir que c’est l’image d’un établissement qui a su préserver une part de son dynamisme pédagogique après la cure d’amaigrissement subie, par vagues, par l’enseignement secondaire au cours des années 80 et 90.

L’image d’une école ouverte sur le monde, au visage humain, une école qui est effectivement centrée sur les élèves. Une école sérieuse aussi où l’objectif prioritaire est bien de donner une formation vraie et rigoureuse à ses élèves.

Quant à savoir si cette image colle à la réalité, c’est aux parents et élèves qu’il convient de le demander. Et je pense pouvoir dire qu’ils ont répondu par l’affirmative lors des inscriptions en 1A cette année, puisque 40 élèves sur les 170 de 1A sont des frères et sœurs d’élèves fréquentant déjà l’A.C.J. Cette réponse peut aussi se trouver dans une lettre que j’ai reçue le 16 novembre dernier d’une maman qui dit :

"Monsieur le Préfet,

Je vous écris cette lettre pour vous dire à quel point j’ai pu apprécier la qualité d’écoute de vos collaborateurs.

En effet, hier je suis venue à l’Athénée car j’avais eu un gros différend avec ma fille concernant la rencontre avec ses professeurs.

Le Proviseur a immédiatement pris les dispositions afin de régler ce problème.

Elle m’a ensuite mise en contact avec l’éducatrice qui a pris du temps pour désamorcer le conflit et rétablir le contact entre ma fille et moi.

Je trouve qu’elles ont fait un travail formidable et j’aimerais les en remercier.

Je profite de l’occasion pour vous dire qu’au fil des contacts que j’ai eus avec les divers professeurs, j’ai pu apprécier leur implication et je pense que c’est une performance qu’ils aient réussi à ce que mes enfants gardent le goût des études jusqu’en sixième.

Merci et bonne continuation. "

Mon propos n’est pas de glorifier l’A.C.J., mais de vous dire que la grande majorité de mes collègues et moi-même partageons une fierté, que nous croyons légitime, de travailler dans un établissement tel que le nôtre avec le sentiment que, s’il est ce qu’il est, c’est essentiellement à ceux qui y ont travaillé et qui y travaillent qu’ils le doivent. Il n’est pas inutile de dire que, de 1972 à 1978, durant les premières années d’implantation du rénové avec le quasi-triplement des effectifs élèves, 65 collègues ont fait leur entrée dans l’établissement et que 50 d’entre eux sont encore en place à l’A.C.J.

Un des secrets de la réussite du rénové à l’A.C.J. (l’I.C.J. jusqu’en 1981) est certainement une application intelligente et dynamique de sa philosophie et de ses directives par une équipe jeune et enthousiaste, sans a priori, qui a entraîné les anciens dans le sillage de son dynamisme. Et si j’ai souligné la qualité de l’image de l’A.C.J. aujourd’hui, c’est aussi parce que notre équipe pédagogique a dû se battre pendant plus de dix ans au moins pour convaincre que l’on pouvait être une ancienne école technique, une école rénovée, une école refusant l’élitisme, et être aussi une école sérieuse qui dispensait à ses élèves une formation très riche.

Je tiens à mettre en exergue le mérite du Préfet en place, Francis BONNET, qui a lancé la réforme dans l’école, et le mérite du Pouvoir organisateur ixellois qui lui a donné le feu vert, lui a accordé sa confiance, lui a octroyé la liberté pédagogique nécessaire. Le mérite du pouvoir organisateur ixellois et de Francis BONNET sont énormes, car il fallait y croire et il fallait convaincre les parents et les élèves de s’inscrire à l’I.C.J.

Je me permettrai au nom de la communauté éducative dans son ensemble de les remercier très chaleureusement.

Mais ils ne furent pas les seuls pionniers bien sûr, et il convient que je revienne sur le rôle déterminant joué par les enseignants dans le développement de notre établissement. Je dis et je pense que la qualité d’une école réside dans la qualité de ses enseignants. Leur mérite est colossal d’avoir construit l’A.C.J. et d’y maintenir le niveau de qualité qui est le sien aujourd’hui.

Je tiens aussi à associer les autres membres du personnel : ceux du secrétariat central et du secrétariat élèves qui constituent une équipe formidable, à la fois efficace et très humaine.

Et bien sûr je veux souligner également le rôle déterminant dans la qualité de vie et des services à l’Athénée qu’y jouent les concierges et le personnel technique de surface.

Je ne voudrais pas oublier non plus les élèves. Lorsqu’on parle d’une bonne école, on parle en réalité souvent, sans le dire, d’une école où les élèves sont issus d’un milieu qui leur permet d’être scolarisables et dont le niveau intellectuel est au-dessus de la moyenne. Alors, qu’ai-je à dire des élèves de l’I.C.J. ou de l’A.C.J. : ont-ils conditionné l’éclosion de l’école ? Je considère que oui. Au moment où existait à l’I.C.J. la volonté politique et pédagogique de développer un enseignement rénové au sens premier du terme, l’arrivée d’élèves issus d’écoles à pédagogie nouvelle a contribué très largement à orienter la relation enseignants-enseignés vers une relation de confiance et de respect mutuel, et cela dans un courant pédagogique novateur. Les parents de ces élèves qui ont cru dans les choix de notre école et y ont inscrit leurs enfants nous ont apporté à cette époque un soutien important que nous mesurons à sa juste valeur.

Et aujourd’hui ? La population scolaire de l’A.C.J. n’est pas neutre par rapport à son fonctionnement : le choix de l’A.C.J. reste un choix pédagogique chez bon nombre de parents qui pourraient faire aussi un autre choix d’établissement que le nôtre, cela, que ces parents soient ixellois ou issus d’autres communes. L’engagement des parents se reflète souvent dans l’attitude adoptée par les élèves vis-à-vis de l’institution "école" et vis-à-vis des enseignants. Alors, si nos élèves sont loin d’être tous des anges, je crois pouvoir dire que l’attitude positive adoptée par la majorité d’entre eux a permis et permet à l’établissement d’exister tel qu’il est. C’est aussi leur mérite.

Henri BARTHELS
Préfet de 1991 à 2002

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